La
photo ci-dessus vous permettra de visualiser les principales étapes de la
formation des îlots volcaniques de Santorin
Il y a 3600 ans c'est à dire vers 1490 (+/-50) ans
avant JC l' éruption volcanique la plus importante de la mer Egée fut à l'
origine du mythe de la disparition d' Atlantis (ou Atlantida) une civilisation
puissante fleurissante à l' image de
celle minoenne.(nous avons consacré sur ce site une page au sujet de ce
Mythe d' Atlantis)
Cette éruption, appelée aussi "éruption
minoenne" a provoqué sur l' île un cataclysme sans précédant.
Plus de trente milliards de mètres cube de
magma, de cendres et pierres furent propulsés dans l' atmosphère alors
qu'un épais nuage de fumée et de poussière plongeât l' île dans l'
obscurité la plus totale pendant plus de trois mois.....et obscurcissant le
ciel jusqu'en Égypte.
Les îles voisines d'Amorgos, Anafi, Ios portent
aujourd'hui encore les stigmates de cette gigantesque explosion puisque on y
trouve des cailloux et même des pierres d'origine volcanique d' une taille
respectable (diamètre d'environ 10 à 20cm!!!)
Au vu de ce phénomène cataclysmique, dit-on, le
pharaon Aménophis III l'interpréta comme le courroux des dieux et
s'empressa de faire la paix avec ses voisins........
La mer se couvrit de boue et de pierre ponce en
si grande quantité que la mer Égée du sud fut pendant longtemps impraticable
à la navigation. On retrouve là, l'observation de Platon indiquant qu'au
lendemain de la submersion de l'Atlantide, "l'océan était devenu difficile
et inexplorable".
Bientôt, les cendres retombèrent partout où
elles étaient en suspension, jusqu'à former une couche de trente à soixante
centimètres. Théra et Thirassia devinrent de véritables déserts, se couvrant
d'une couche de déjection volcanique de 30 à 45 mètres d'épaisseur par
endroits!
Sur l'île de Crète à 120km de l' épicentre de
cette explosion historique, les cités minoennes furent ensevelies sous près
de 30 centimètres de cendre et il en fut ainsi des côtes de la Grèce
jusqu'au delta du Nil. De nos jours encore, des prélèvements effectués au
sud de la Crète ont démontré qu'à des profondeurs même considérables, 3700
m, il était encore possible de retrouver des traces de cette cendre
volcanique provenant de l'explosion de 1450 avant notre ère.
Pendant l' éruption
la cheminée du volcan a littéralement explosé dans un bruit assourdissant et la partie centrale de
l' île a disparue et aussitôt recouverte de l' eau de mer .........par deux
gigantesques vagues l'une venant de la partie Nord et l' autre de la partie
Est de l' île....
Ce raz de marée balaya toutes les côtes de la
Méditerranée orientale, dévastant complètement toutes les villes et lieux de
peuplement à l'intérieur et sur le pourtour de la mer Égée. Seules, ou à peu
près, les villes de Palaikastro et Zakros, situées sur la partie extrême Est
de la Crète, semblent avoir échappé aux pires effets de cette dévastation.
Cette déferlante d' une amplitude de 25m aurai
frappé avec une violence inouïe les côtes Nord de l' île de la Crète une
demie heure seulement après l'explosion (!!!!) et provoqua des inondations
et des milliers de morts!!!!! Toujours selon les historiens cette
catastrophe naturelle aurait causé la disparition de la civilisation
minoenne déjà affaiblie et dans la voie du déclin!!!!
Les survivants de ce royaume moribond
s'expatrièrent à travers toute la Méditerranée, laissant derrière eux des
champs de ruines, des palais dévastés et une végétation anéantie pour des
dizaines d'années.
Ils se dispersèrent alors aux quatre coins de
la mer Égée. A l'ouest, vers l'Italie du sud et la Sicile; au nord, vers les
Cyclades et l'Atlantique; à l'est, vers la route de Rhodes, de Chypre et du
Levant; au sud enfin, vers l'Égypte où leur influence fut prépondérante.
La puissance minoenne n'étant plus qu'un
souvenir dans le bassin méditerranéen, les Phéniciens qui n'attendaient
qu'une occasion propice pour y assurer leur suprématie, se lancèrent à
l'assaut des mers et multiplièrent leurs comptoirs jusque sur les bords de
l'Atlantique.
Peu après cette catastrophe géologique on avait
du mal à reconnaître cette île mais on pouvait aisément suivre la
grande majorité de son linéaire côtier.
La partie orientale de l'île demeura presque
intacte mais bombardée par de milliards de pierres rochers ou cailloux de toute
taille et fut recouverte par une couche de cendres d'une épaisseur de 40
centimètres par endroits.
Sur la partie Sud de l' île, le village entier
d' Akrotiri fut complètement enfouie sous une
couche épaisse de cendres. Ce village fut découvert il y a seulement une
dizaine d' années et les fouilles sont toujours en cours pour qu'il soit
complètement sorti des cendres et de terre avant la fin de l' année 2005.
Pendant les fouilles dans ce village on n' a pas trouvé
des ossements humains ou d' animaux et tout laisse à penser que de toute
évidence que ses habitants, ayant pris au sérieux les signes annonciateurs de ce
déluge volcanique, auraient préféré abandonné leurs demeures dans la précipitation
la plus totale sans avoir presque rien emporté.
Certains nomment aujourd'hui ce village enfoui sous les
cendres de Pompéi de la mer Égée ou de Pompéi des Cyclades
puisque Pompéi a disparu de la carte en l' an 79 dans les mêmes conditions
suite à l' éruption de Vésuve.
A la partie occidentale de l'île deux îles
échappèrent au déluge, l' île nommée aujourd'hui Firassia et un îlot aux
roches calcaires d'un blanc éclatant appelé de nos jours Aspronissi......
On apercevait ainsi au milieu de ces trois
vestiges une "caldeira" presque fermée avec une eau étrangement et
parfaitement calme.
Après l' éruption et l' explosion du volcan l'île fut inhabitée pendant 150 ans et pendant
ce laps de temps les insulaires établis dans les îles voisines suivirent
avec anxiété et circonspection le calme relatif de ce monstre endormi......
Petit à petit la vie reprit le dessus et vers 1300 ans av JC les insulaires les plus
hardis et les plus insouciants des îles voisines et d' Athènes s' établirent
sur cette île devenue très fertile et très prometteuse.
Santorin fut ainsi de nouveau une île habitée et
pendant plus de 1300 ans et les insulaires n'ont pas douté un seul instant que
le volcan qui a détruit par le passé leur île, il continuerait à "cracher" sournoisement sous le
niveau de la mer des millions de mètres cube de lave......
C'est ainsi qu'il y a environ deux mille ans on
a aperçu surgir des fonds de mer un minuscule îlot volcanique qui au fil du temps
prenait de l' ampleur.....Les insulaires l'appellent aujourd'hui Paléa
Kameni.
Juste à coté de Paléa Kameni vers 1570 après JC un deuxième
cratère très actif surgit de l' eau.
Pendant plus de trois ans une lave très épaisse et très lumineuse d' un rouge vif ne
cessa de couler formant ainsi une île volcanique de plus en plus étendue.
De nos jours et suite à la formation et à
l'apparition des nombreux cratères l' île appelée Nea Kameni ou volcano occupe avec l'
îlot volcanique de Paléa Kameni le centre de Caldeira.
Les dernières laves sorties des entrailles de
la terre datent seulement de 50 ans!!!!
En Août 1949 les habitants enregistrèrent sans
trop d' inquiétude de nombreuses secousses sporadiques qui
furent suivies le 10 Janvier 1950 d'une coulée de lave incessante qui dura
plus d'un mois !!!!.
Des explosions plus ou moins spectaculaires et
sans aucune mesure avec celle de 1570 avant JC, ont été enregistrées au XXe
siècle.
Des tremblements de terre provoquant quelques
victimes et des dégâts matériels ont eu lieu en 1925, 1928, 1939 et 1956.
Celui de 1956, justement, fut meurtrier puisque
on dénombra 57 victimes et plus d'un milliers de sans abris.
Des nombreuses maisons d'habitation à Oia, à
Emborio et à Pyrgos n'ont pas résisté à ce tremblement de terre qui fut
ressenti jusqu'à Athènes.
De nos jours le volcan de Santorin est toujours
en activité et l' on enregistre des secousses fort heureusement de très
faible magnitude et imperceptibles par les touristes et les insulaires.
Les volcans de Paléa et Nea Kameni sont
surveillés par des séismographes et capteurs de température installés à proximité des lèvres des
cratères actifs et reliés par satellite au centre de surveillance sismique
et tectonique basée près d' Athènes. |